Les débuts de la parentalité

Le baby-blues après l’accouchement

Encore hier, à la télé, j’entendais parler de ce fameux baby-blues dont beaucoup de mères redoutent après l’accouchement. À l’écoute du témoignage, il m’est venue l’envie de partager mon ressenti et mon expérience sur ce phénomène.

♥♥♥

J’ai tellement souffert pour l’accouchement (voir Mon récit d’accouchement) que j’étais pressée que ça se termine. Alors le baby-blues, je n’en avais pas peur. C’était plutôt une délivrance, au contraire !
Le temps de me remettre (façon de parler car niveau fatigue, je suis encore loin de mon compte) en salle de réveil, puis de découvrir la petite merveille ❤ et voilà le bonheur est trouvé.

Le baby-blues ? Connais pas.

Quoi que… Attendez. Le baby-blues, est-ce le mot fourre-tout que le corps médical utilise pour décrire la fatigue extrême de la mère, à la maternité ou à la maison, « presque » seule face à un nourrisson qui hurle « presque » la majorité de son temps d’éveil ? Mentionnons quand même ces facteurs qui mènent au burn-out maternel.

Le burn-out maternel

  • Le contre-coup de la fatigue physique de l’accouchement (le corps de la femme a beau être fait pour ça, ça reste tout de même une épreuve très forte).
  • Un énorme manque de sommeil (entre la fin de grossesse qui nous épuisait, les contractions, la douleur, l’absence de repas, la délivrance puis l’après accouchement, autant dire qu’aucun mot existe pour le taux d’épuisement de la femme).
  • Une peur de mal faire vis à vis du bébé, l’inconnu face à cet être fragile.
  • Une sensation de solitude (et la solitude même pour les mamans solo) lorsque le papa retourne à la maison, où nous nous retrouvons seule ; certes, avec les sage-femmes et les auxiliaires de puer mais quand même seule, car parfois, on n’ose pas les déranger pour « si peu » et on ne peut pas demander toute leur attention (elles ont d’autres patientes à gérer).
  • L’angoisse de l’attente de la montée de lait, pour celles qui allaitent (en tant que primipare, je ne savais pas comment mon corps allait pouvoir faire autant de lait pour mon fils et le nourrir. Le cerveau réfléchit de trop ! Et on doute de soi).
  • La fatigue de l’allaitement car le corps utilise beaucoup d’énergie à la mise en place et à la lactation (j’ai perdu tous mes kilos de grossesse avec l’allaitement d’ailleurs).
  • Des rythmes entre-coupés par les allées et venues du personnel, autant dans le couloir (si si, on entend tout) et dans la chambre, pour les soins qui nous concernent et les soins du bébé.
  • Les bruits de la maternité. Les cris de son propre bébé, les cris des autres bébés, la présence d’une autre maman dans la chambre quand on a pas la chance d’avoir une chambre unique, le personnel qui passe dans le couloir, les visiteurs qui parlent d’une voix forte, les sons des appareils qui se baladent d’une chambre à l’autre…
  • La nourriture de la mater qui est bien souvent fade.
  • La souffrance de son propre corps, que ce soit dans le cas d’une césarienne comme moi (douleur physique par la cicatrice et l’utérus cicatriciel et douleur morale par le fait de ne pas avoir accouché naturellement), ou dans le cas d’un accouchement VB (voie basse) avec une épisiotomie ou un déchirement.
  • L’absence de sommeil réparateur (bienvenue aux siestes de 30min à 2h maximum).
  • La pression que le corps médical met sur la maman, de façon inconsciente (j’en parlerai dans un autre article).

Bref… Est-ce vraiment utile de continuer à citer toutes les souffrances, douleurs, perturbations, frustrations et déceptions que vit une mère ? On parle très souvent du bonheur d’être mère et oui ! Nous sommes très heureuse d’avoir donné la vie ! Mais on parle que trop peu de la face cachée de la maternité : tout ce que je viens de citer et que l’on qualifie de baby-blues.

Pourquoi je n’aime pas ce mot ? Parce qu’on met pour motif les hormones. Or, même si la chute hormonale n’aide pas, pour moi, ce n’est pas la chimie qui m’a faite pleurer plusieurs fois à la maternité au point de « presque » péter un câble, mais plutôt l’accumulation de tout ce que j’ai cité plus haut.
L’être humain a ses limites. La mère aussi.

♥♥♥

Devenir mère, c’est un mélange d’émotions et de fatigue. 
Je rencontre régulièrement des mamans qui me remercient de dire les choses telles qu’elles sont, de faire part de certains éléments de la réalité qui permettent à chacune de se reconnaître dans mes propos.

Oui, chères mamans, n’ayez pas honte d’être mal, d’en avoir marre voir même, momentanément, de regretter votre situation. C’est tout à fait normal les premières semaines à la suite de votre accouchement. C’est un énorme changement dans votre vie et pour votre corps, votre mental. Il faut du temps pour s’adapter à votre bébé, que votre bébé s’adapte à la vie extérieur, à vos habitudes et à votre présente.

J’ai craqué de nombreuses fois auprès de mon mari et même seule. Les premières semaines sont difficiles (heureusement, pas pour toutes les mamans !), mais ce n’est pas un drame. Je me suis sentie mieux avec bébé dès la 7eme semaine.

Très important : prenez du temps pour vous. Si vous avez l’occasion de vous prendre 1h de temps libre rien que pour vous par jour, ou un après-midi voir même une journée (ou plusieurs, soyons folles), faites-le ! Cela fait du bien de se détacher de bébé pour redevenir femme, soi-même, et vous ressourcer.
Lorsque l’on revient, on est davantage détendu et plus patiente avec son enfant (et son entourage 😛 ). C’est du vécu ! 😉 ❤

♥♥♥

Alors, à toutes les mamans qui m’ont avouée craquer, déprimer, en avoir marre et ne pas voir le bout de l’histoire : vous êtes normales, votre situation est normale et croyez-moi, ça passe bien plus rapidement qu’on le pense !
Tenez bon, prenez les moments positifs avant tout et prenez du temps pour vous aussi. Bientôt, ce sera que de l’histoire ancienne, et les sourires/rires de votre bébé viendront tout effacer ! 🙂 ❤ ❤ ❤

Flora Mum Inked ◊

 

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4 commentaires sur “Le baby-blues après l’accouchement

  1. Merci merci merci. On se sent tellement seule dans notre situation, incomprise. Ça fait du bien de lire que nous partageons le même ressenti que les autres.

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  2. Coucou ^^ Effectivement je me suis reconnue dans tous les points que tu as citée 🙂 ! C’est vrai qu’on a beau etre faites pour donner la vie, la mise au monde d’un être vivant n’est pas de tout repos… Je sais que j’ai très bien supporté la douleur pendant la grossesse (crampes, hernies, etc…) mais qu’aujourd’hui je suis super  »douillette » ahah bah oui : on tient bien la douleur mais c’est pas non plus une raison pour souffrir inutilement 😜
    J’ai adoré ton article 👏!

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